Se préparer à EU Inc dès maintenant : la check-list du fondateur
EU Inc est un règlement proposé (COM(2026) 321), pas encore le droit en vigueur. L'adoption est visée fin 2026 et l'application attendue vers 2028 — un calendrier qui peut glisser. Tout ce qui suit relève de la préparation, pas de l'action sur un régime existant.
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Rien à déposer pour l’instant. EU Inc est un règlement proposé (COM(2026) 321, publié le 18 mars 2026), pas le droit en vigueur. Ni portail d’immatriculation, ni pré-inscription, ni liste d’attente officielle. Cette page sert à être prêt — pas à agir sur des règles qui n’existent pas encore.
À la question « quand pourrai-je immatriculer une EU Inc ? », la réponse honnête est : pas avant ~2028, et seulement si le dossier tient son calendrier — adoption visée fin 2026, application environ douze mois après l’entrée en vigueur, plus le temps de construire l’infrastructure de dépôt fondée sur BRIS (voir le calendrier). Cette attente est facile à gaspiller. Voici comment l’employer.
Étape 1 — Décider si EU Inc est vraiment votre cible
La préparation ne vaut que si EU Inc est la bonne forme pour vous. Tranchez dès maintenant, sur les paramètres connus de la proposition :
- Vous opérez (ou opérerez) au-delà d’un seul pays. Tout l’intérêt du régime est de supprimer la friction à 27 ; une activité purement domestique gagne peu par rapport à sa forme nationale.
- Vérifiez la condition ferme. Au moins un membre du conseil doit résider dans l’UE — voir éligibilité.
- Comparez avec ce que vous choisiriez sinon. Pour un fondateur français, le point de référence est la SAS : confrontez-la à la proposition dans EU Inc vs SAS, regardez aussi la Delaware C-Corp, et faites tourner vos propres chiffres dans le comparateur d’incorporation.
- Ne décidez pas sur la fiscalité. EU Inc n’est pas un outil fiscal : taux et assiettes restent nationaux ; seule la temporalité d’imposition des options EU-ESO est harmonisée.
Si la conclusion est « une forme nationale me suffit », arrêtez-vous là — EU Inc est optionnel par construction.
Étape 2 — La check-list de préparation
Ce que vous pouvez réellement faire maintenant — utile même si le texte évolue :
- Suivez le dossier au lieu de spéculer. Mettez le tracker législatif en favori et abonnez-vous aux mises à jour (formulaire en bas de page). Prochain point d’inflexion : la commission JURI examine les amendements à partir du 7 septembre 2026, avec un vote de mandat attendu dans le mois.
- Gardez vos documents « prêts à déposer ». La procédure proposée est numérique, standardisée et rapide — elle récompense des dossiers propres. Une table de capitalisation nette, des registres de bénéficiaires effectifs à jour et des statuts sans clauses exotiques se transposeront bien plus facilement vers les statuts types européens qu’une décennie de pactes et d’avenants accumulés.
- Réglez l’identité numérique des fondateurs. La procédure est « numérique par défaut », authentifiée via les moyens d’identité numérique de l’UE. Les fondateurs basés dans l’UE peuvent activer dès maintenant leur eID / wallet national.
- Présélectionnez un État membre de siège. Le siège fixerait le droit national applicable au travail et aux questions résiduelles de droit des sociétés. Comparez les candidats sur les pages pays — mais sans figer votre choix : le libre choix du siège est l’un des points ouverts de la négociation.
- Pensez vos plans d’equity avec EU-ESO en tête. La proposition reporte l’imposition des options à la vente des actions — une logique proche du BSPCE, mais à l’échelle de l’UE. Si vous construisez un pool d’options aujourd’hui, structurez-le pour qu’il puisse migrer vers un régime imposé à la cession — et comprenez le fonctionnement d’EU-ESO et ce qui reste national avant de promettre quoi que ce soit à vos salariés.
- Identifiez votre dirigeant résident UE. Si votre conseil est entièrement hors UE aujourd’hui, sachez qui occupera ce siège.
Étape 3 — Ce qu’il ne faut PAS faire
- Ne pas attendre passivement. « On créera la société quand EU Inc ouvrira » signifie au moins deux ans sans entité — ni contrats, ni compte bancaire, ni levée. Si vous avez besoin d’une société, créez-la en droit national ; le parcours d’immatriculation proposé restera là pour comparer le moment venu.
- Ne pas bâtir ses opérations sur des règles non adoptées. Les 48 heures, les 100 €, l’absence de capital minimum, les règles de siège, jusqu’au périmètre d’EU-ESO : tout reste négociable jusqu’à la clôture du trilogue. Garde-fous anti-fraude et participation des travailleurs sont des lignes de fracture vives (COMPET, 28 mai 2026) qui peuvent durcir le texte final.
- Ne rien payer pour une « pré-immatriculation EU Inc ». Un tel service ne peut pas exister aujourd’hui. Considérez toute offre de ce type comme un signal d’alerte.
- Ne pas restructurer prématurément. Des routes de conversion existent dans la proposition mais leur mécanique n’est pas arrêtée ; démonter une structure bâtie pour un régime hypothétique coûte de l’argent bien réel.
Les deux dates qui comptent
Guettez l’accord en trilogue (visé fin 2026 — c’est là que la substance se fige), puis l’application vers 2028 (le moment où l’immatriculation pourrait réellement ouvrir). Entre les deux, le temps le mieux investi est celui de la check-list ci-dessus — et de la construction de l’entreprise elle-même.
→ Pour suivre : tracker législatif · calendrier réaliste · qui peut immatriculer.